Le Blog à Ferdine


12.9.03
« Beaucoup de gens sont morts dans mes bras, des vieux, des jeunes... Eh bien ! au moment de mourir, ils te parlent toujours d'amour, de ceux qu'ils ont aimés... ils te parlent jamais d'argent. » Patrick Pelloux.


26.8.03
Bon, faut que j'me donne des objectifs là, sinon, j'sens qu'ça va être n'importe quoi. Faudrait que j'fasse le tome 3. Ou alors l'4. Merde. J'ai déjà bien à faire avec le 2, si en plus j'm'en rajoute, j'vais jamais m'en sortir. Faut y mettre de la structure à c'truc. C'est pas en contant ma vie entre 4 murs que j'vais être passionnant. Sûr. Ca va ressembler à celle de n'importe quel dét'nu. Franch'ment, ç'a pas d'intérêt. Y'en a suffisamment qui y passent comme ça pour pas qu'j'en rajoute une couche. Pis c'est répétitif en plus, le gnoufe. 4 murs, 3 collègues. Le nombre d'équation est limité. Non, non... En plus ça m'évade pas. Pas une seconde. J'étais mieux sans connexion. Bon, bon... Faut s'reprendre. S'remettre. Faut construire. La structure, la structure ! C'est essentiel.
Pffft... Pis des fois, les idées c'est pas ça. Ca peine. Ca claudique. Ca s'envase. Bon, on va attaquer un bout. On verra bien où qu'on l'met après.


25.8.03
Ouais. Des fois ça branle du mou. On a beau tirer à gauche, à droite. Essayer d'sauver les meubles. Souvent, quand ça s'met à branler du mou, c'est fatal.

Y'a des indices. Des tonnes. Mais on les voit pas v'nir. Y'a des signes... Ouais, y'a des signes. Mais quand on veut rien voir, on voit rien. C'est plus simple en plus. Fermer les yeux. S'boucher les oreilles... S'empapaouter les trous d'nez, c'est facile tiens.

Des fois on s'demande même qu'est-ce qui branle pas du mou. Si. Vrai. Y'a t'y un truc qui fini pas par branler du mou à un moment ou à un autre ? Les choses sont pas là éternell'ment. Y'a qu'les curés pour croire à ça. Dans la vie, tout passe. Tout l'monde meurt au bout. Et ça, là, y'a rien qui résiste. Dommage. Des fois, on voudrait bien qu'des trucs durent toujours. C'est rare, faut r'connaître. Pis si c'était l'cas, sûr qu'on s'lass'rait. N'empêche. J'sais pas si c'est au fond d'nous tous où si c'est d'avoir été chez les cur'tons, j'sais pas si c'est une tare romantique-tique, ou j'sais pas quoi, n'empêche, on aim'rait bien. Oh, pas longtemps. Juste un moment. Fermer les yeux. Croire qu'tout s'ra immuable. Juste un instant. Pas trop longtemps.

Compte les jours, passe les années. Des fois aussi, on est content qu'le temps passe. Même doucett'ment. Pfff ! On n'est jamais content.

Souvent j'repense. A Mémé. A Sandy. A Marie. A Violaine même... Aux poteaux aussi. A Fafada, au Frédo, au Lolo, à Stéphane, à Birger, à Fanfan, à la Breloc et tous les autres... J'vois bien qu'à chaque fois, y'a eu des signes précurseurs. Avant qu'ça pète, tant avec les uns qu'les autres, y'a toujours eu des trucs en fait. Des trucs qu'allaient pas. J'vois bien qu'on peut jamais vraiment dire :c'est d'la faute à un tel qu'à fait ça à telle heure précise. Ca s'rait trop simple. C'est tout un amalgame. Un enchevêtr'ment de trucs qu'on a pas fait, de trucs qu'on a pas dit, d'trucs qu'on a pensé... C'est indémélable. Pourtant, ça s'rait tell'ment plus simple si on pouvait dire : t'as dis ça à tel moment et ça a eu ça comme conséquence. Ca s'rait formidable ça oui ! Tout d'suite on saurait qui a fait quoi. On pourrait trouver les coupables, les responsables. Infliger des peines sans s'tromper. Ca s'rait lisse. Recta. Tiré au cordeau. Tranquille...

Mais non. C'est hélas pas comme ça qu'ça s'passe. C'est plus compliqué. Toujours plus compliqué. Pourtant à la base, les acides aminés, les gènes, tout ça, c'est simple. Mathématique. Binaire. Comme du codage informatique. Zéro, un. Blanc, noir. Des pixels... Mais quand y'en a des milliers d'pixels, c'est un peu plus difficile d'appréhender les couleurs. Y'a-t'y plus de zéro ou plus de un ? Au jugé ? Au débotté ? Là ?... Difficile à dire... Le monde, c'est pas un côté blanc, un côté noir. C'est un peu plus subtile. C'est pour ça qu'on tient. Mais ça doit expliquer aussi pourquoi c'est un peu plus chiant.


20.8.03
Ah, ah ! Momo s'est fait serrer en string sur la plage ! Quel funambule celui-là ! Quant à Jérôme, il est enfin sortit. Comme dirait l'autre drôle là, c nul. J'me marre quand même.


11.8.03
Alors que d'habitude ils vous glacent les doigts et l'esprit rien qu'à les approcher, les barreaux brûlent les mains de ceux qui tentent de s'y accrocher.
L'irritabilité grimpe avec le mercure. Il serait parfois plus simple de s'entretuer que de continuer à supporter ça.


8.8.03
Et dire que j'ai vécu à quelques mètres sans en avoir jamais rien su ! Rien vu non plus. Mince alors. "Le petit jardin minéral de Rosa Mir Mercader"... Si ça fait pas rêver c'genre de trucs alors. Dire qu'on était à côté. Voisin quasi. Dire que tout le monde en parle et que j'étais au courant de rien. Pourtant, c'est un truc à rêver d'dans. Ca m'a toujours enthousiasmé les frapadingues. Les compulsifs. Les toc-tocs. Les gars qu'ont un truc dans la tête et qui n'en d?mordent pas. Le gars assez frappé pour aller chercher son caillou, le ramasser, le choisir, en prendre un autre, le fourrer dans sa poche, le ramener, jour après jour, promenade après promenade... Pendant des milliers d'années. Avec comme seule occupation : son grand oeuvre. Les facteurs Cheval en puissance. Les fous frappés... Tiens, j'l'imagine bien là, l'Jules Senlis. Dans son p'tit jardinet, à y faire son p'tit ciment, à brasser l'eau, à poser ses pâtés comme un gone au sable, à y planter ses cailloux. Sous l'oeil vigilant du fantôme de sa mère, assise là, sur le petit banc. J'suis sûr qu'il la voyait sa mère. Sa mère et la sainte vierge et tout l'toutim. J'suis sûr qu'il voyait tout un zoo lui aussi. Qu'il en avait plein son jardin des animaux. Comme moi quasi, comme moi. Dire qu'elle me causait aussi dans les esgourdes la vierge et qu'elle m'en a jamais rien dit. Dans la Grand'Rue ! Sur l'plateau ! A combien ? Même pas cent mètre de là où j'habitais ! J'en reviens pas. Dire qu'j'aurais pu y tomber d'ssus. Elle aurait pu m'app'ler, m'balader ! Elle aurait pu m'faire sortir d'ma cabane, m'inciter ? m'prom'ner dans l'p'tit jardin l?. Elle aurait même pu m'mettre en relation avec le Jules, mon apparition. Penses-tu va ! Elle préférais m'laisser dans ma fange. Dans ma boue. Au fond d'mon trou.
A croire qu'c'est l'quartier qui veut ça. La Croix-Rousse, ça doit être l'quartier d'ceux qu'entendent des voix, qui voient des apparitions... S'sont trompés d'collines les curés ! Sacrés drôles va !
En tout cas, j'sortirais bien pour voir ça tiens.
Putain d'merde. Fait chier d'être là.


5.8.03
Raffi... Raffi c'est mon collègue de boîte à chaussure. Raffi c'est un taiseux. Un sacré. Dit rien. Pipe pas mots de plusieurs jours des fois. Bouge pas d'son plumard. S'tourne parfois. Sec. Grogne. Un peu. Rien. S'lève pour bouffer. Pisser. Pis l'soir, après l'dîner, il grimpe à la f'nêtre fumer sa cloppe. Basta. C'est tout. On sait rien. Parle pas. Demande rien. Répond jamais. C'est vous dire s'il doit être encore ravagé à l'intérieur.
Momo et Abdou, eux, c'est tout l'contraire. Sont toujours en train d'tchatcher. Toujours à s'relancer, à s'engueuler. A bouger, à s'secouer. Au début, c'est vrai, c'est insupportable. Puis on s'fait à tout. En fait, ça occupe. Ca fait d'la distraction. S'ils étaient tous comme Raffi, on aurait l'impression d'être déjà six pieds sous terre. Mettent d'la vie.
Quant à la promiscuité, la crasse et tout ça... Au bout d'quelques mois tout ça n'a plus vraiment d'importance.


6.7.03
J'pense souvent à l'Albert. C'est bizarre ça. D'y penser autant. D'puis qu'j'suis d'dans, j'ai pas une minute où j'y pense pas. J'y pense toujours avec un fort relent d'culpabilité. Ca m'en monte les larmes aux yeux quasi. J'sais pas pourquoi c'clébard... Doit cristalliser toutes mes culpabilités. J'pourrais penser à tous les autres. Les morts. Les vivants. Surtout les morts. Mais non. J'pense à c'chien. Quand j'me souviens d'avant, j'vois qu'ce clebs. C'saucisson sur pattes. J'le vois qui courre, derrière la rue Vaubecour. J'le vois qui file, tout heureux. Qui courre. Qui aboie. Tout gai quoi. Ses p'tites oreilles au vent. Tout content. A aller, à rev'nir. J'sais pas pourquoi j'focalise là-d'ssus. Pis j'le revois aussi, crevé, la langue jusqu'à terre, à essayer d'me suivre. A marcher, à courrir, à crapeton... A essayer de pas s'laisser larguer. A m'regarder. D'ses grands yeux tristes. A pas comprendre. A bien sentir pourtant, le fouet de l'abandon, là, dans ces rues désertes d'une banlieue lyonnaise glauque. Ca m'réveille la nuit, ses grands yeux malheureux. J'vois pas ceux d'mémé, ni ceux d'Sandy ou d'n'importe qui d'autre... Non, non. Les seuls yeux que j'vois, c'est ceux d'l'Albert. Toujours sur moi. A m'faire croire que c'est pour moi. Que c'coup là, j'peux plus lui échapper. Entre mes quatre murs. J'espère qu'ça va pas durer tout l'temps.


2.7.03
Je r'pense à avant. Du temps qu'j'étais dehors. Du temps où j'courrais, d'une rue l'autre. De l'autre côté de ces murs. Et moi qui voulait voir le monde. J'ai l'impression que j'suis cloué à cette ville, comme la peste au rat. Merde. Et en plus, je sais plus courrir comme avant.


24.6.03
On crève de chaud, empilés les uns sur les autres dans nos deux centimètres carrés. On pourrait s'sucer la transpiration. Ca roule à plein robinet le long des côtes. Ca dégouline, ça dégouline et ça dégouline. On essaye de pas bouger. D'être encore plus immobile qu'un buisson d'mouche sur un calendos. C'est dur. C'est long. Surtout c'est long. La chaleur, ça distend pas seulement les tissus, ça rallonge le temps. Et l'immobilité, ça donne encore plus l'impression à vos neurones qu'ils s'interconnectent vites. On voudrait pouvoir encore dormir. Dormir toute la journée... Mais on sait plus dormir quand tous les jours on n'a que ça à faire.


23.6.03
Les cons ! Veulent nous supprimer notre parloir à mur ouvert ! Faut vraiment être enfermé à l'extérieur pour avoir rien d'autre à penser ! Comme si ça les dérangeait vraiment ces balnaves de nous laisser notre parloir. Ils veulent construire un mur en fer. Pourquoi pas une boîte ? Hein, pourquoi pas nous mettre directement dans une p'tite boîte, ça irait plus vite... Ca m'fout par terre des nouvelles pareilles. J'suis sûr qu'en plus ils vont nous coller une peinture dessus... Même pas un truc vert ou une montagne, non. A parier, ça s'ra un truc contemporain : rouge sang et bleu acier.
Pfff ! Non seulement ils nous cassent les jambes mais en plus, ils nous crèvent les yeux. Franch'ment, Valou, où va-t-on ?


Tiens ! j'voulais vous mettre la tronche à mon livre sur le site... La couve avec l'éléphant là... Et bien ça marche pas ! Merde alors ! Merde ! J'aurais enfin pu vous mettre le cahier photo. La tronche à mémé. La mienne. Celle de toute l'équipe de bras cassé ! Les Moran, Alfred, Fafada et tout l'toutim. Et bah non ! Non ! Faut payer pour qu'ça soit possible. Merde alors. Il m'semblait bien qu'il y'aurait un truc qui cloche. C'était trop beau pour qu'ça marche perfecto tiens. M'semblait bien qu'aurait un piège. Tiens. M'a pas fallu longtemps. Mince alors. Moi qui voulais vous mettre des photos. Parce que là, tout d'suite, là, ça aurait été un vrai plus pour les lecteurs les photos. Là tout d'suite, y'en a trois tonnes qu'y m'auraient cru. Tout ceux qu'ont eu des doutes. Tout ceux qu'ont tergiversé. Ceux qu'ont fait la fine bouche là. Avec les photos, ils auraient été obligés d'me croire là. J'leur aurais même mis une photo d'Saint-Paul. Ses barreaux. La courette. Tout ça. Sûr, ça leur aurait plus aux lecteurs. Moi aussi j'aurais su faire mon Claude Lucas... Non mais.


Bon, alors, j'me lance alors, j'y vais. Je glisse là ! Je glisse ! J'peux en copier long des conneries comme ça ? Pfff ! C'est sans limite j'sens, sans limite ! Bon sang ! Bon, aller faut qu'j'arrête d'me r'garder l'nombril, là. Faut que j'dise un truc intelligent. Sûr. Faut que j'le dise si j'veux qu'on cause de moi sur MediaTIC ou Zazieweb. Putain, faut pas que j'me rate. Déjà qu'l'année dernière ça a bien foiré la sortie... Ca avait bien commencé pourtant. Avec le NouvelObs... Mais bon, j'sais pas c'qui s'est passé. Ca a pas suivi à même hauteur. J'ai dû trop en faire. Mon livre doit être trop gros. Trop d'pages. Ecrit trop p'tit... Et puis y'a trop d'livres aussi. Y'a trop d'livres c'est sûr. Et pis y'a plus personne pour les lire.


Bah, ça alors. Ca marche vraiment. C'est à pas y croire... Même quand on s'en sert pas, ça reste en place. C'est encore mieux qu'un livre en pile dans une librairie. Sûr.


13.3.03
Bah voila alors. Ca commence là.